Autres pipes


Dimanche 18 mai 2008 7 18 /05 /Mai /2008 17:37

Cher lecteur, tout en découvrant cette pipe vous vous posez sans doute quelques questions.

N'en croyant pas vos yeux vous allez, tout comme moi, inspecter cet objet insolite sous ses différents angles.

Cette forme érigée, cette turgescence suggestive ....

Pris subrepticement d'un doute, vous tournez et retournez la question, vous faites appel à votre imaginaire pour trouver des solutions alternatives à celle qui s'impose d'emblée.

Rien n'y fait. On revient toujours à la même première impression : cette tête de pipe possède indubitablement la forme d'un Basidiomycète, je veux dire celle d'un champignon.

Le doute n'est pas permis, cet artisan italien met en scène quelque Phallus impudicus (Morille du diable) à moins qu'il ne s'agisse d'un simple Boletus satana (Bolet Satan). On pourra s'étonner de la démarche qui consiste à chercher l'inspiration au fin fond du monde végétal alors qu'il y a tellement de sources ... sous nos yeux.

L'annonce qui vantait cette pipe sur un site d'enchères en ligne nord-américain, suggérait sérieusement et avec insistance l'unique ressemblance avec un champignon ! Ah, la pudibonderie ...

Nomenclature   Dimensions  
Valeur
       
 
B. Baldi
  Long : 17,3 cm
Haut : 5,7 cm
Ø int. foyer : 2,1 cm
 
Non connue
(Neuve)

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Samedi 22 mars 2008 6 22 /03 /Mars /2008 17:27

Je leur dois l'existence même de ce blog. Sans eux, sans leurs clichés, ce site ne pourrait vivre. Il s'agit de toutes ces personnes qui photographient les pipes pour les mettre en vente sur les sites d'enchère en ligne.

Je reconnais maintenant ces vendeurs à la simple vue des images qu'ils publient : chacun possède son style, sa mise en perspective, ses angles de vue. Il est vrai que certains me cause bien du souci en apposant sur chaque cliché un tampon ou un filigrane à leur nom. Mais c'est de bonne grâce que je me prête à l'exercice consistant à faire disparaître ces graffitis du plus mauvais effet dans le cadre de mes articles. Qu'ils me pardonnent. J'ai appris aussi à remédier aux fonds d'image vert pomme ou orange snack-bar qui vous font mal aux yeux, et les quadrillages centimétriques ou les napperons de grand-mère ne résistent pas plus longtemps au lifting.

Les vendeurs qui se donnent de la peine et proposent des images de leurs pipes qui sont nettes, de grandes tailles et en nombre, ne sont pas légion. Une douzaine d'artistes tous pays confondus poussent leurs présentations jusqu'à montrer systématiquement leurs pipes sous des angles immuables ce qui permet de retrouver régulièrement, au même endroit, le détail de la pipe qui vous intéresse : toujours deux photos pour montrer les deux faces de la lentille, deux autres pour mettre en exergue les marquages sur les cotés gauche et droit de la pipe, automatiquement une photo du logo, s'il existe. La sixième photo dans les annonces d'untel correspond régulièrement à une vue de dessous. Certains commencent toujours leurs séries avec un gros plan sur le fourneau, d'autres ne dérogent jamais à l'habitude de montrer une vue globale de la pipe à vendre.

Tout cela crée une identité du vendeur qui, malheureusement, ne remplace pas ce qui donnerait un réel éclairage de sa personne : son portrait. Quoique...

Une pipe bien cirée, bien lustrée, peut renvoyer l'image de celui qui la photographie et on a parfois accès ainsi à l'envers du miroir. Certains vendeurs se doutent-ils qu'ils sont sur les traces de Jan van Eyck ?

Jan van Eyck, Les époux Arnolfini (1434)
Panneau de bois 82 × 60 cm

Le peintre avait installé derrière le couple un miroir grand angle renvoyant l'image de l'artiste face à sa toile, sur laquelle il a peint le miroir renvoyant l'image de l'artiste face à sa toile... Les boucles d'oreilles de "La vache qui rit" avant l'heure, une mise en abyme.

J'ai souvent essayé de discerner dans ces reflets tordus, torturés par les courbures de la pipe, quelque information sur l'origine de ces illustrations qui font le coeur de mes articles. Une manière de passer derrière l'écran en quelque sorte et sûrement aussi l'expression d'une frustration à ne pas pouvoir communiquer directement avec mes généreux bienfaiteurs. Las, on n'y discerne la plupart du temps qu'ampoules, néons, fenêtres ou encore le bout d'un objectif.

Et puis, parfois on voit cela :

Ce gars-là (mkelaw, USA) sait lustrer ses tuyaux de pipe ! On pourrait s'y raser.


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Lundi 21 janvier 2008 1 21 /01 /Jan /2008 23:01
 
Deux années de blog. Deux années de bizarreries pipières et on n'en voit pas le bout.

En relisant l'article publié sous cette bannière à l'occasion du premier anniversaire de ce blog, je mesure le chemin parcouru.

L'année écoulée a vue l'ouverture d'un site pour laisser place à la recension des logos de pipe trop à l'étroit sur un blog. Cela a été un travail de transposition ardu. Il fallait déménager au plus vite et passer du domaine pipephil.com à pipephil.eu.

Maintenant que c'est réalisé, je peux bien le confier : cette histoire m'a vraiment pris la tête au point où je n'ai pas pu m'empêcher d'y travailler au mois de Mai 2007, lors d'un déplacement professionnel en Egypte. Lorsque, le soleil accablant de Luxor étant au plus haut, et que le moment du repos était arrivé, la sieste sous les palmiers qui bordent la piscine du Old Winter Palace, s'est transformée plus d'une fois en bidouillage informatique. Faut-il être accro !

Toujours est-il que le site fonctionne bien et recevra prochainement les chapitres du blog qui déroulent les thèmes les plus aboutis. Ce sera l'occasion de trouver une mise en page et une navigation plus confortable, d'une tentative pour essayer de corriger les fautes d'orthographe et de style, sans oublier l'amélioration et l'enrichissement des ressources graphiques dans les articles.

Pour ce qui est de la qualité de la prose, elle ne s'est guerre améliorée. De ce coté là, ça plafonne. Mais le rythme de publication qui était névrotique la première année est maintenant plus compatible avec une vie normale. Ouf ! Fort heureusement, cette cadence plus raisonnable n'a pas modifié votre assiduité, bien au contraire.

Recevez mes remerciements chaleureux pour cette fidélité. Je pense en particulier à ce visiteur assidu qui se connecte depuis plus d'un an et demi de Wichita (Kansas USA). Oui, il y a des pipophiles francophiles dans le middle-west.

Enfin mes remerciements vont aussi à ceux qui ont la gentillesse d'annoncer mes articles sur les deux forums francophones ("Fumeur de Pipes " et "Pipes et Tabacs "). Merci à Guillaume , à Nicolas , à JiP et tous ceux qui aident à faire vivre en ces temps difficiles des lieux de convivialité autour de la pipe.


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Vendredi 2 novembre 2007 5 02 /11 /Nov /2007 00:25
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Série : Pipes à insert

Sous titre : "Vous saurez tout sur le zigouigoui"

"La technique et la science ont réussi, après des recherches de plusieurs années, à créer une pipe vraiment saine : la Pipe Buttner."

C'est ainsi que débute le texte sur l'affichette ci-dessous ! (et dont la version intégrale est accessible ici . A lire absolument)

Nous sommes au début des années 60. Les usines de St Claude (France) tournent à plein régime et produisent des pipes qui inondent toutes les civettes du monde occidental.

La nouvelle invention, sortie tout droit d'un laboratoire jusque là inconnu, va-t-elle révolutionner ce marché en pleine expansion ? La rigueur scientifique et les techniques de pointe prendront-elles le pas sur des savoir-faire obscurs, empiriques, transmis oralement d'une génération à l'autre ?

Un produit né de l'intelligence des hommes en blouse blanche pourra-t-il faire trembler le ronronnement de la fourmilière en bleu de travail ? Pensez donc ! Buttner propose une pipe toujours sèche, toujours propre, une pipe qui remplace toutes celles que vous avez déjà et, qui plus est, une pipe SAINE : la belle affaire ! Sans compter le recours à des matériaux tels bakélite ou céramiques qui risqueraient de ruiner une économie fondée sur le bois.

Hélas, le traumatisme qui suivit l'explosion de cette bombe technologique a laissé à St Claude des cicatrices qui ne se sont jamais vraiment refermées. Sur le coup, ce fut le branle bas de combat. L'idée de filtrer, d'assécher, d'hygiéniser la pipe fit son chemin comme une traînée de poudre dans la cité pipière. Il fallait chercher la parade technologique. Le génie San claudien aidant, on trouva très vite une réponse à la hauteur de la réputation des Ropp, Butz Choquin et autres Chacom : c'est ainsi, Mesdames et Messieurs, qu'est né le zigouigoui (1) qui garni les pipes françaises depuis cette période troublée. (Illustrations de différents modèles de zigouigoui )

Il faut bien vous rendre compte que le choc psychologique a été d'une telle ampleur, qu'aujourd'hui encore rares sont les fabricants français qui oseraient avancer l'idée de supprimer l'appendice métallique alors que son efficacité s'est avérée plus que douteuse. Ces événements qu'on évoque rarement parmi les pipiers, ont ouvert la porte à l'irrationnel et le zigouigoui est devenu une sorte de gri-gri indispensable pour conjurer le mauvais sort.

Que cela ne vous empêche pas d'admirer cette pipe à insert, fleuron de la technologie pipière alsacienne (Buttner, St-Louis, 68).

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(1) zigouigoui : le dispositif est parfois aussi appelé pudiquement "système" .

En anglais, le zigouigoui se nomme "stinger" du nom du tristement célèbre missile. A ne pas confondre avec le terme allemand "stinker" (litt. "Celui qui pue") désignant un individu malpropre qui dégage une odeur infecte. Quoique ....

Le document à caractère historique ci-dessus m'a été transmis par Jean Max. Qu'il en soit remercié.


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