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Dimanche 21 décembre 2008
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Ce billet est le premier de trois épisodes d'un petit feuilleton. C'est un genre qui a été quelque peu délaissé ces derniers temps dans ces colonnes. C'est dommage quand on se souvient de l'effervescence qu'avaient suscitée les incroyables aventures autour de la pipe de Tarzan (5 épisodes). Et que dire des "Secrets cachés", ô combien affriolants, d'une none juchée sur une pipe (8 épisodes) qui continuent encore aujourd'hui d'éveiller des phantasmes inavouables ?

Laissez vous donc surprendre cette fois-ci par des rebondissements dans l'affaire d'un porte-pipes peu ordinaire.

N'attendez pas de moi que je vous dévoile d'emblée tout le piquant de la chose. Mais pour commencer on admettra volontiers que l'association illustrée ci-contre ne manque pas d'airs. La mitre et la crosse.

Passons sur la mitre qui ne donne après tout que le rang de notre homme d'église. La crosse quant à elle, est assez inattendue. Cet accessoire n'est il pas traditionnellement le signe du berger, du pasteur qui guide sur le juste chemin son troupeau vers de paisibles pâturages ? Au lieu de cela, notre évêque barbu s'encanaille à l'opium ! Aucun doute n'est permis sur le genre de substance illicite que doit accueillir le petit fourneau de cette pipe en écume de mer.

Non content d'afficher ostensiblement son penchant immodéré pour des plaisirs oniriques, le bougre étale son attachement à ceux de la chair : il serre dans ses mains avides une jeunette tout à fait gironde à la tendre peau laiteuse. Tout cela est proprement scandaleux.

On nage en plein pécher de luxure. A ne pas en douter, cet homme soumet sa raison aux "appétits" et, à l'évidence, cela ne peut être que le fait du Malin. En vous livrant dans le prochain épisode l'intégralité des images dont les deux vues de notre gaillard sont extraites, vous saisirez sans doute mieux ce dont il retourne réellement.

Mais ne voyez vous pas cette ombre noire et menaçante qui se profile dans les parties basses des illustrations ci-dessus ?

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Jeudi 27 novembre 2008

Il y a pipe et pipe.

Il ne s'agit pas ici de discourir sans fin sur la qualité de nos outils de fumage mais plutôt de prendre le mot selon ses deux acceptations dans la langue de Molière. Autrement dit la question qui nous anime dans ce billet serait plutôt d'ordre linguistique.

Pour le lecteur non francophone, ou pire, celui qui activerait une traduction automatique de ces lignes, je crains fort qu'il n'y trouvera qu'incompréhension. Je prends néanmoins la précaution d'une traduction "manuelle". La second signification de "une pipe" en français (tel qu'on le parle) se dit "a blowjob" en anglais. Les érudits vous expliqueront que fellatio (qui est devenu "fellation") est le participe passé du verbe latin fellare (sucer, aspirer). Notez au passage que, bizarrement, on "souffle" (to blow) dans la langue de Shakespeare tout comme dans celle de Goethe (blasen) pour indiquer qu'on fait la chose.

Venons-en aux faits.

Il s'agit d'un objet (à fumer) qui cumule les deux significations de "pipes", un objet, vous dis-je, qui est à la fois l'outil et la chose. Pour tout dire, quand on se sert de cet outil, on fait la chose. Cela est étrange car généralement il serait plutôt incongru, voire irrespectueux, de fumer l'outil en s'adonnant à la chose. Sans compter que l'outil d'une part et la chose d'autre part, demandent tous deux une attention soutenue et sont donc difficilement compatibles simultanément.

De deux choses l'une : soit vous êtes du sexe qui en possède une, soit vous êtes du sexe "opposé".

Dans le premier cas nous distinguerons ceux qui s'adonnent à la chose avec un partenaire qui en a aussi une, et alors, se servir de cet outil n'est pas susceptible de modifier vos habitudes pour la chose. Mais si votre partenaire est du sexe "opposé", l'outil risque de vous poser quelques problème d'adaptation, vu la nouvelle distribution des rôles pour la chose.

Dans le second cas, Madame, nous rejoignons une des situations décrites précédemment. Vous n'êtes pas en terre totalement inconnue même si la chose n'est pas forcément dans vos habitudes, sans compter que l'objet peut devenir polyvalent. A ce propos je tiens à signaler que la longueur de l'objet est 14,6 cm et son diamètre 3,2 cm, ce qui reste somme toute relativement modeste.

Dans la situation où deux dames, liées d'une amitié dite particulière, s'intéresseraient à l'objet, je me sens particulièrement incompétent à donner un avis sur la chose avec l'objet.

Contrairement à ce que pourraient laisser croire les illustrations, l'outil n'est pas métallique. L'aspect sombre provient sans doute d'un usage répété. Cette pipe est taillée dans une pierre, la Stéatite aussi appelée Pierre à savon et qui, outre ses caractéristiques thermiques exceptionnelles, a la particularité d'être très tendre et de .... se laisser tailler très facilement.

Voir aussi : Pipes coquines


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Mardi 11 novembre 2008

On nous explique de toute part que fumer nuit gravement à la santé et ceux qui arrêtent cette pratique désastreuse sont présentés comme les héros des temps modernes. Fort bien. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. Si de nos jours la stratégie du "jeter l'éponge" prévaut, il y a quelques décennies on préconisait plutôt celle du "beurre et l'argent du beurre". Bien que connaissant déjà les dommages collatéraux dus à la pratique du tabac, on s'efforçait en ces temps là, à réduire ses effets indésirables tout en conservant cependant le plaisir qu'il procure.

Pour fumer "plus propre", l'une des mesures encore très en vogue aujourd'hui dans certains pays comme l'Allemagne consiste à faire usage d'un filtre, petit cylindre qui est disposé dans le tuyau de pipe et dans lequel se déposeraient les substances malignes.

Qu'ils soient en Balsa, au charbon actif ou en Erable, l'effet de ces tampons hygiéniques est sans doute plus psychologique que biologique.

Mais d'autres ont utilisé des moyens bien plus conséquents. A preuve ces pipes à condenseurs, à pièges à goudron, à chicanes diverses et variées qui prennent parfois de proportions délirantes. On se rappelle la pipe à boite à Cachou décrite ici, à condenseur d'Hallihn, ou à tuyau d'orgue dont j'ai fait écho dans ces colonnes.

Tout cela n'est que babioles, chers amis, comparé au dispositif très ancien que je vous propose de découvrir maintenant et dont le principe directeur est d'externaliser : très tendance par les temps qui courent ! Il s'agit d'une publicité parue en Novembre 1898 dans une obscure revue étasunienne : Munsey's Magazine.

Traduction :

Vous aimeriez fumer sans arrêt ? Pourquoi pas ! Voici une pipe que vous pouvez fumer chaque minute de la journée sans le moindre désagrément du à la nicotine. Des centaines en usage aux U.S. La seule pipe de ce genre au monde.

Absolument pas de nicotine, pas de désagrément, pas de mauvaise haleine, pas de nervosité, une fumée délicieusement fraîche.

Une demande du prospectus ne vous coûtera que le prix d'une carte postale. Adresser à "Box-61-F. Ryerson D. Gates Oak Park. ILL.

Mentionné à droite sur la cartouche miracle : Mettez cela dans votre poche. Pat.Mar. 6.1894. Pas d'eau à l'intérieur.

L'argumentaire publicitaire ne fait pas état de l'indéniable prestance que vous procureront les tuyaux en caoutchouc se balançant de-ci, de-là devant votre cravate en fine soie de Chine. Le mieux serait encore de placer cette fosse septique à la place de la pochette de votre veston, ce qui confèrerait à la tubulure une courbe harmonieuse tout en garantissant la plus grande liberté de mouvement à votre pipe.


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Dimanche 18 mai 2008

Cher lecteur, tout en découvrant cette pipe vous vous posez sans doute quelques questions.

N'en croyant pas vos yeux vous allez, tout comme moi, inspecter cet objet insolite sous ses différents angles.

Cette forme érigée, cette turgescence suggestive ....

Pris subrepticement d'un doute, vous tournez et retournez la question, vous faites appel à votre imaginaire pour trouver des solutions alternatives à celle qui s'impose d'emblée.

Rien n'y fait. On revient toujours à la même première impression : cette tête de pipe possède indubitablement la forme d'un Basidiomycète, je veux dire celle d'un champignon.

Le doute n'est pas permis, cet artisan italien met en scène quelque Phallus impudicus (Morille du diable) à moins qu'il ne s'agisse d'un simple Boletus satana (Bolet Satan). On pourra s'étonner de la démarche qui consiste à chercher l'inspiration au fin fond du monde végétal alors qu'il y a tellement de sources ... sous nos yeux.

L'annonce qui vantait cette pipe sur un site d'enchères en ligne nord-américain, suggérait sérieusement et avec insistance l'unique ressemblance avec un champignon ! Ah, la pudibonderie ...

Nomenclature   Dimensions  
Valeur
       
 
B. Baldi
  Long : 17,3 cm
Haut : 5,7 cm
Ø int. foyer : 2,1 cm
 
Non connue
(Neuve)

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