Autres pipes


Vendredi 24 novembre 2006 5 24 /11 /Nov /2006 15:40
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Série : Pipes à insert

Hallo Genosse !
Bonjour Camarade !
Hello Comrade!

Voilà pour ce qui est de l'Internationale.

Pour ce qui est des pipes fabriquées derrière le rideau de fer, au plus fort de la guerre froide, on pourrait d'ailleurs aussi s'en tenir à trois lignes.

Mais l'occasion de cette pipe à insert en provenance de l'ex République Démocratique Allemande est trop belle (l'occasion, pas la pipe) pour ne pas s'attarder un peu plus sur la production du peuple, par le prolétaire, pour le camarade citoyen.

Faut-il que les camarades allemands aiment fumer la pipe pour que l'on décide, sous le règne de la STASI, sous la propagande de Walter Ulbricht, avec les difficultés économiques que l'on sait, de maintenir plusieurs marques dans cette partie de l'Allemagne.

On distingue les labels Howal, de loin le plus répandu, ARK (August Richard Kühn), March, Old Briar et Briar International. A noter que ces deux dernières marques n'étaient distribuées qu'à l'intérieur du pays : elles correspondaient à des modèle de très bas de gamme impropres à l'exportation. L'ensemble de cette production a été mise assez rapidement sous une même direction et était centralisée à Schweina (Thuringe ) dans l'ancienne Pfeifenfabrik C.S.Reich.

Les pipes qui sortaient de ces usines dans les années 60 -70 étaient tout à fait comparable à ce qui se voyait en France, à la même époque, sous des marques comme Ropp, Chacom, Dr Plumb etc... De la pipe industrielle. C'est dans les années 80 que les choses se gâtent en Allemagne de l'Est et à partir de là on eut de plus en plus recours à des essences de bois autochtones (Hêtre, Merisier, Poirier). Apres la réunification cet outil de production pipière a été acheté par "Design Berlin" (db).

Durant toutes les années de la division, Kallenberg un autre pipier Thuringeois, fabriquait et exportait ses pipes en hêtre en Afrique. L'entreprise "Pfeifenfabrik Heinrich Kallenberg" existait déja depuis 1919 et était de taille réduite. On lui avait laissé son indépendance : Hans Kallenberg, petit fils du fondateur, exerce encore aujourd'hui, bien que d'un âge bien avancé, ses talents de pipier dans cette région.

La pipe à insert de ce billet semble échapper à cet inventaire des marques de la République Démocratique Allemande. Sa dénomination "Kombi" est sans doute anecdotique, mais nul doute qu'elle a été fabriquée dans les usines C.S.Reich.

Elle représente la réponse socialiste à la Falcon britannique !

Avez vous noté la forme du tuyau ? Et en particulier celle de la lentille ? On ne se rend pas compte, à partir des illustrations, de la qualité de la matière dans laquelle ces tuyaux étaient découpés. Ils étaient tellement mous que même le fumeur le plus calme les transperçait en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

Ce qui peut nous apparaître comme un handicap, était compensé par un réseau de civettes qui tenaient un échantillonnage de tuyaux dont les formes standardisées correspondaient aux pipes en circulation. Il suffisait de jeter l'ancien tuyau et de courir chez le buraliste le plus proche pour procéder au remplacement à un prix particulièrement modique.

Un bon communiste vous expliquerait par cet exemple tout l'intérêt d'une production planifiée, centralisée et homogène.

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Dimanche 22 octobre 2006 7 22 /10 /Oct /2006 12:36
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Série : Pipes à insert

Portrait Joao Reis  
   
Qu'est ce qui peut amener un jeune homme qui n'a pas ses 30 ans à quitter son Portugal natal pour le Danemark ? Que s'est-il passé pour qu'il délaisse ainsi soleil et Bacalao, Fado et Porto ? D'où vient cette attraction irrésistible ?

C'est que Joao Reis a voulu faire le pèlerinage qui s'impose à tout jeune artisan pipier. Il s'est rendu à la Mecque de la pipe européenne pour se nourrir des enseignements des grands prêtres nordiques. Les Kai Nielsen , Poul Ilsted , Tom Eltang l'ont accueilli et lui ont permis d'approfondir l'art de magnifier Erica arborea (la Bruyère).

Pipe avec insert en écume, vue de profil

Il faut dire que ce garçon-là a des atouts et il sait en jouer. Pour lui, la recherche de la perfection tourne à l'obsession quand on connaît la petite histoire de cette pipe à insert.

Elle était initialement prévue pour un insert en écume de mer. A la fabrication, il découvre que le bloc d'écume révèle deux minuscules petits défauts. Trois fois rien. Eh bien, notre homme décide de réaliser cette pipe avec un fourneau en buis et d'offrir l'insert en écume comme une roue de secours. Si bien qu'en définitive, il propose la pipe avec deux fourneaux interchangeables.

Pipe munie de l'insert en buis

Et voilà donc un autre avantage des pipes à insert : si le pipier l'a prévu, le fumeur peut choisir son fourneau selon, par exemple, le type de tabac qu'il va déguster.

Il faut dire qu'avec une telle texture de bois, cette pipe ne peut être qu'une favorite vers laquelle on a envie de se tourner en toute occasion.

Gros plan sur la fac avant de la pipe à insert

Un bémol cependant et sans cracher dans la soupe. Mes goûts personnels me laissent quelque peu dubitatif quant à la coexistance des finitions lisses avec des parties guillochées ou sablées.

La vue de profil de cette pipe montre cette juxtaposition qui, j'en suis convaincu, ferait le bonheur de la majorité des fumeurs.

Nomenclature   Dimensions  
Valeur
       
 
Joao Reis
(script)
  Long : 14,8 cm
Haut : 6,1 cm
Ø int. foyer : 2,1 cm
Poids : 43 g
 
1700 €
(Neuve)

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Dimanche 15 octobre 2006 7 15 /10 /Oct /2006 17:26

Lorsque dans cet autre article je concluais "peaux de phoque, défense de mammouth, arrêtez le massacre !", certains ont trouvé pour le moins bizarre qu'on demande d'arrêter de décimer le mammouth (Mammuthus primigenius).

Je me suis permis d'utiliser le même terme pour pointer la tuerie des jeunes phoques et dénoncer l'exploitation éhontée d'une ressource non renouvelable. A y réfléchir, j'aurais plutôt du utiliser le terme "pillage" pour qualifier le recours à l'ivoire de mammouth, mais mes effets de manche auraient été moins voyants.

La différence essentielle entre l'ivoire d'éléphant et celui de mammouth réside évidemment dans le fait que le premier pourra exister et perdurer tant que le pachyderme qui s'en orne continue à brouter et à se reproduire. Même si les réserves du second semblent énormes - mais qu'est ce qu'énorme dans ce cas ? - il est certain que dans un futur plus ou moins proche il n'en restera plus si certains tapent dans le stock à des fins mercantiles. Le mastodonte qui produit cet ivoire-là n'est plus de ce monde pour renouveler les réserves.

Je continuerai donc à prétendre qu'utiliser l'ivoire de mammouth relève purement et simplement de la frime.

Et pour enfoncer le clou, je propose à votre attention une pipe qui cumule dans le domaine de l'usage de matériaux non renouvelables.

Pipe de Tom Richards, profil droit

Elle est fabriquée, elle aussi, avec de l'ivoire de mammouth, mais on y reconnaît en plus de la morta. En effet la tête de cette pipe est constituée de chêne (Quercus robur) recueilli en cours de fossilisation. Ce n'est plus du bois et ce n'est pas encore de la pierre.

Pipe de Tom Richards, profil gauche

L'arbre a été submergé il y a quelques 4000 à 8000 années. Avec la fin de la période glacière, le retour de la végétation en Europe et d'énormes crues dues à la fonte des glaciers, les arbres arrachés ont ainsi été ensevelis et conservés dans l'eau d'une nappe phréatique ou d'un marais. Les huiles, les matières grasses, les résines ou sèves ont été dissoutes et lessivées, la matière est devenue plus dure mais aussi plus légère et plus poreuse. C'est le début de la minéralisation.

Pipe de Tom Richards, dessous

On l'aura compris, les conditions propices à ce processus ne risquent pas de se reproduire tous les quatre matins. C'est en ce sens que la morta n'est pas à proprement parler un matériau renouvelable.

Cependant son exploitation ne pose pas de manière cruciale la question de sa disparition : ce matériau est particulièrement dissimulé et ne se livre qu'au compte goutte. De plus les conditions de sa formation sont réunies sous d'autres latitudes.

Enfin et surtout, il faut préciser que, contrairement à l'ivoire de mammouth qui est en tout point semblable à celui de l'éléphant, la morta offre des caractéristiques de fumage originales comparées à la souche de Bruyère ou l'écume de mer.

Avouons pour finir que cette pipe de Tom Richard Mehret (Allemagne) est tout simplement magnifique !

Pipe de Tom Richards, gros plan sur le fourneau

Nomenclature   Dimensions  
Valeur
       
 
Tom Richards
  Long : 13,5 cm
Ø int. foyer : 1,9 cm
Poids : 32 g
 
312,50 €
(Neuve)


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Dimanche 1 octobre 2006 7 01 /10 /Oct /2006 19:35
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Série : Pipes à insert

Il m'a toujours semblé que la dénomination "Captain Warren" était propre à la marque Ser Jacopo  . Mais il faut se rendre à l'évidence en lisant le détail de la nomenclature gravée sur la pipe à insert qui nous occupe ici : Savinelli  utilise elle aussi cette appellation.

Bien que certaines grandes marques ont l'habitude de sous-traiter des étapes de fabrication par d'autres pipiers, j'ai du mal à concevoir qu'un artisan tel que Giancarlo Guidi   , fondateur de Der Jacopo, ait quelque intérêt à travailler pour la marque milanaise. Faut-il croire que l'apellation "Captain Warren" n'est pas déposée ? Tout cela me laisse songeur...

Il est des gens qui savent tirer parti de ces flous artistiques. En effet, deux pipes de ce modèle - exactement les mêmes - ont été vendues aux enchères en ligne par deux vendeurs différents.

Le premier vendeur donne la nomenclature in extenso, le second "oublie" de dire qu'il s'agit d'une pipe Savinelli  , précise simplement qu'il vend une "Capt. Warren" et laisse donc croire qu'il s'agit d'une pipe sortant des ateliers de Ser Jacopo  à Pesaro. Mensonge par omission ?

Les illustrations dans cet article correspondent à la pipe Savinelli (premier vendeur) excepté la dernière (ci-dessous à droite) qui a été présentée par le second vendeur.

 
   
Pipe sans la mention "Savinelli"

Il faut dire que le modèle décrit dans l'article "Captain Warren #2 " ressemble à celui qui fait l'objet de cet article et un amateur un peu superficiel peut avaler la pilule.

Le subterfuge a fonctionné et le prix de vente de ces deux pipes en témoigne clairement. Celle sans la mention "Savinelli" s'est vendue (47 €) plus de deux fois la valeur de la pipe dont on avait donné l'entière nomenclature (voir colonne Valeur dans la fiche technique ci dessous).

Nomenclature   Dimensions  
Valeur
       
 
Savinelli
Captain Warren
Italy
  Long : 15,0 cm
Haut : 6,0 cm
Ø int. foyer : 1,9 cm
Ø ext. foyer : 3,3 cm
 
18,20 €
47,00 €
(Estate)

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