A mon avis, on est ici plus dans la plomberie que dans le travail du bois.
Cette forme plutôt compliquée témoigne d'un souci historique des concepteurs de pipes : éliminer les désagréments dus à la condensation de l'humidité dans la tige de la pipe. Parmi ceux qui ont fait des tentatives de fumer la pipe, une bonne part a abandonné après avoir connu les affres du glouglou. La pipe gargouille si :
- on tire comme un dingue;
- le tabac est trop humide.
- la fabrication de la pipe a été bâclée.
- le système de condensation est mal conçu.
Avec l'exemplaire décrit dans cet article on s'attache à perfectionner le dernier point et réduire cette source d'ennuis. Les pipes de grande qualité ne possèdent pas de système, parce qu'elles s'ajustent au quart de poil et que l'on fait confiance dans l'expertise du fumeur.
Neuf fois sur dix le système de condensation, s'il existe, se résume en une petite pièce en aluminium solidaire du tenon. C'est une pièce stratégique parce qu'en ouvrant une pipe, c'est ce que l'on voit en premier. C'est le lieu de tous les étonnements, atermoiements, dégoûts parce que s'y dépose goudrons et autres matières brunes et gluantes.
Un lieu de satisfaction aussi, en se disant que c'est toujours ça que la sphère ORL n'a pas ingurgité.
Dans le cas qui nous interesse la condensation se fait par gravité (come pour les pipes "Oom paul" ou "Cavalier"). Les goutelettes tombent dans la partie de la tige horizontale qui s'ouvre à la manière d'un siphon de lavabo par un bouchon en ébonite vissé. C'est un truc pour les bricoleurs.
Description de la pipe :
- Nomenclature : "Bruyère Saint Claude France"
- Longueur : 85mm
- Hauteur de la tête : 42mm
0
-
Publié dans : Autres pipes
| Des pipes en blanc on en trouve en argile, en porcelaine, en bois de bruyère laqué et plus rarement, celles qui nous intéressent ici, vêtues de cuir blanc. |
|
|
Il faut dire que concevoir en blanc un objet au contact permanent des doig
ts ou de la cendre et qui repose sur des tables pas toujours nettes est particulièrement osé. D'autant plus que le cuir absorbe et son nettoyage suppose des produits qui ont la fâcheuse tendance à décolorer.
Je ne sais pas bien ce qui peut motiver l'acquisition d'une pipe aussi salissante. Se sent-on plus propre en fumant blanc ? Cherche-t-on une virginité d'apparence alors que les dents sont un peu jaunies et les poumons déjà bien entamés ? Pour ma part j'assume mes bronches sûrement déjà atteintes et je ne vais pas me bercer d'illusions par ce biais.
Mais cela n'enlève rien à l'intérêt esthétique qu'on peu porter aux pipes en cuir blanc. Blanc et noir sont sans doute les couleurs classieuses par définition et c'est peut être là que se situe le fin mot de l'histoire. Fumer une pipe blanche c'est "stylé", ça ne passe pas inaperçu.
Je serais assez curieux de connaître, parmi les rares femmes qui fument la pipe, celles qui seraient intéressées par ces oiseaux exotiques. Il me semble que plutôt que de leur conseiller des pipes à très petit gabarit et qui glougloutent et chauffent facilement, attirer leur attention sur des spécimens tels qu'on les voit ci-contre, serait bien plus convaincant.
A votre avis Mesdemoiselles et Mesdames ?
Les photos de haut en bas :
- Paire de Longchamp
- Bolton
- Ropp
0
-
Publié dans : Pipes gainées
Aujourd'hui je vous propose de considérer une chose bien étrange. Une maison aussi prestigieuse que HERMES
s'est permise de commercialiser des pipes gainées. |
|
|
L'exemplaire reproduit ici en témoigne et montre une "bent" en cuir noir. Est ce du crocodile ou une immitation ? Je laisse aux specialistes le soin de déterminer ce point.
En tout cas, c'est bien là un démenti cinglant aux puristes qui prônent la nudité du bois de bruyère. Si cette entreprise du super luxe l'a fait, cela ne peut pas être entièrement de mauvais goût.
Malheureusement je n'ai pas la possibilité de dater cette pipe, ce qui laisserait à ceux qui sont de mauvaise foi , l'argument d'une erreur de jeunesse de la marque cise au faubourg St-Honoré depuis 1880.
Dans le registre des marques prestigieuses on consultera aussi ici les pipes Rolex
J'oubiais : celui qui l'a achetée (d'occasion) il y a quelques mois sur un site en ligne peut se targuer de fumer une HERMES pour 9 $ (7,50 €).
1
-
Publié dans : Pipes gainées
| Depuis la fin des années 30, les Cassegrain tiennent "le Sultan", un petit bureau de tabac à Paris, boulevard Poissonnière. |
|
|
A la libération Jean Cassegrain eu une idée qui parait saugrenue : il gaine de cuir les pipes qui sont en vente chez lui.
On peut se poser la question de la pertinence de cette initiative : le bois de bruyère est en soi un matériau noble, chaleureux et terriblement varié. On peut toujours conjecturer qu'à la fin de la seconde guerre mondiale, le stock de pipes de Monsieur Cassegrain était de qualité mineure. Mais on ne sait pas grand-chose des motivations qui ont poussé ce commerçant génial à cette démarche. Le succès est néanmoins au rendez vous. La saga Cassegrain commence en 1948 avec le choix de la marque Longchamp
et l'emblème magnifique du cheval au galop.
Assez rapidement le gainage est étendu à toute sorte d'objets (accessoires d'automobile, jeux de salon, pendules etc..) et l'entreprise de maroquinerie prospère. A ma connaissance l'habillage de pipes est abandonné au début des années 80. Aujourd'hui Longchamp est synonyme de maroquinerie uniquement.
L'idée de la pipe vêtue de cuir a été copié par beaucoup de fabricants de pipes : Butz Choquin, Ropp, Courrieu en France, Hilson, Savinelli, Egra, Whitehall, Big Ben en Europe, Medico ou Mastercraft outre-atlantique. Les spécialistes du cuir ont eux aussi pris des initiatives. Hermes et Lancel ont proposé les fameuses pipes gainées et je tenterai d'en montrer quelques exemplaires.
0
-
Publié dans : Pipes gainées