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Salvatore Amorelli
, grand pipier sicilien, a offert vers la fin des années 90, une pipe au pape Jean Paul II. Opération marketing réussie. La pipe qu'il lui offre est non seulement de la forme Cavalier, mais de plus elle appartient à sa gamme "Frac".
A première vue ces choix semblent osés, car après tout, ce type de pipe est relativement atypique. Mais comme nous allons le voir, notre ami pipier était particulièrement bien informé des goûts de JP.
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Il l'a joliment présentée dans un riche coffret en loupe de Tuya, dont la texture n'est pas sans rappeler celle de la Bruyère. Le couvercle a reçu pour l'occasion une dédicace au souverain pontife et la marque des armes du Vatican. Le jeu en valait bien la chandelle.
Vous avez sans doute noté que la pipe est construite exactement sur le même schéma que celle présentée dans mon article intitulé "Frac #2".
A l'époque bon nombre de personnes bien pensantes ont souligné le caractère inapproprié de ce cadeau. Etait-ce bien raisonnable d'offrir un instrument qui sert le vice à celui qui représente la vertu aux yeux des chrétiens ?
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La pipe avec son coffret ▲ ◄ Personnalisation du coffret |
Etant donné l'ancienneté de cet événement, il est permis de dévoiler aujourd'hui une secret de Polichinelle : le pape Jean Paul II fumait très régulièrement la pipe. Mais les témoignages de cet état de fait sont assez rares pour que je ne dissimule pas ma fierté de vous livrer en exclusivité sur ce site, un document exclusif qui date du 10 Février 1993.
On y voit le pape lors d'une visite pastorale au Soudan en compagnie l'archevêque de Khartoum et fumant une pipe Cavalier Frac de la maison Armorelli. Et quelle pipe !
Loin d'être incommodé par la fumée, l'archevêque semble au contraire ravi des effluves qui chatouillent ses narines. Un mélange de tabac agrémenté de Latakieh
? D'autres herbes peut être ?
On comprend mieux par ce cliché la préférence marquée du pape pour les pipes Cavalier : lorsque les mains sont jointes pour le recueillement, les pouces viennent naturellement au contact de la tige de ces pipes permettant ainsi de concilier la méditation avec une bonne tenue de pipe. On comprend mieux aussi l'initiative de Salvatore Amorelli qui semblait particulièrement bien informé des pratiques du souverain. Son choix d'une pipe Cavalier était donc très judicieux.
Permettez moi néanmoins de terminer ce papier sur une note moins optimiste.
Etant parfois obligé de se soustraire aux regards désapprobateurs de ses collaborateurs pour s'en fumer une petite, le pape se retirait dans la chapelle Sixtine pour déguster ses tabacs favoris. C'est assurément une excellente cachette. Mais quand on sait le mal qu'on s'est donné à restaurer les fresques de Michel-Ange, le coût de l'opération, et l'inévitable altération des oeuvres d'art par les fumées, cette habitude était, il faut l'admettre, des plus déplorables.