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Autres pipes


Samedi 31 juillet 2010 6 31 /07 /2010 00:07

Tout fumeur de pipe a tôt ou tard eu l'occasion de croiser la marque Dunhill et s'il s'est tant soit peu intéressé à leurs pipes d'avant-guerre il a pu noter que certains modèles de la marque londonienne étaient pourvus de l'Inner Tube (le tube intérieur). De quoi s'agit-il ? C'est ni plus ni moins qu'un simple tube en aluminium qui court du tuyau au foyer.

Malgré son indigence technique ce petit accessoire a néanmoins fait l'objet de huit dépôts de brevets répartis sur quatre pays(1) sur une période d'une vingtaine d'années (1912-1934). Ils ont tout de même trouvé moyen d'en déposer trois modèles différents ce qui est un tour de force incroyable eu égard à la réelle utilité du dispositif.

Extrait du brevet. Document original datant du 9 Mars 1915

L'objectif déclaré était de simplifier (sic) le nettoyage de la pipe et d'empêcher éventuellement une "pollution" du bois de la tige par les goudrons issus de la combustion. Discutable. Sachant qu'un assortiment de tubes, présenté en sachets de six, étaient disponibles à la vente et qu'on conseillait de changer de tube de temps en temps, il n'est pas interdit de penser qu'il s'agissait là d'une simple opération de marketing.

Malgré le génie commercial d'Alfred Dunhill, il s'est trouvé des personnes à contourner le fabricant anglais. Si le Inner Tube était largement et solidement barricadé derrière ses brevets cela n'a pas empêché l'imagination de petits malicieux à vagabonder : et si on concevait un "Tube extérieur" (Outer Tube) ? Des gens comme vous et moi ne se poseraient même pas la question tant elle semble absurde.

Qu'à cela ne tienne ! Il s'en trouve toujours un pour tenter le coup.

Outer Tube : vue générale du dispositif

Cette incroyable dérivation du conduit de fumée ne peut pas fonctionner si l'ancien reste en l'état. En suivant une logique implacable, notre génial inventeur obstrue le perçage dans le bois, et cela se passe ainsi :

Bouchon métallique fermant le perçage originel.

Notre homme a pensé à tout. Le nettoyage du système étant primordial, le Outer Tube doit permettre le passage d'une chenillette. Il est donc hors de question qu'il soit scellé au dessus de la bifurcation. Il a préféré la visse au bouchon. Le fumeur de pipe est un bidouilleur, un traficoteur de première et voilà un machin supplémentaire à démonter. Il va adorer.

La visse ne sert pas à un quelconque réglage, elle ferme le tube.

Détail du tuyau personnalisé

Le perçage de la tête pour y adapter notre Outer Tube n'était sans doute pas évident. Mais il l'a réalisé avec précision. Le trou arrive exactement à l'endroit où celui qui traverse la tige débouche dans le foyer.

Pour faire ce pied de nez à Dunhill, l'inventeur du prototype a pris soin de choisir une pipe de bas de gamme. Aurait-il dû pousser son expérience jusqu'à jeter son dévolu sur une pipe de la célèbre marque ? En bricoleur consciencieux il aurait alors retouché l'estampille et remplacé "Inner" par "Outer".

(1) Des brevets Inner Tuber ont été déposés pour l'Angleterre, les USA, le Canada et la France

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Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /2010 14:29

Il était un temps où les entreprises faisaient faire des pipes à leur nom pour les offrir à leurs clients. On devine facilement l'image désastreuse que produirait un tel geste aujourd'hui.

Mais cette pratique vouée aux gémonies n'empêche pas ces pipes mystérieuses de resurgir maintenant sur le marché de l'occasion. Leur valeur marchande est généralement dérisoire, leur qualité souvent discutable mais leur intérêt est tout ailleurs. Elles nous permettent d'entrer dans un nouveau monde pour découvrir des lieux ou des hommes inattendus.

Il suffit de remonter la piste en partant de ces minuscules inscriptions dont les pipes sont généralement estampillées.

Schiffsmakler Jürgensen
Flensburg

Cette estampille est pour le moins surprenante pour une pipe vendue au fin fond de l'Ohio (USA). Inutile d'ouvrir un atlas pour comprendre que Flensburg est un port allemand sur la mer Baltique.

Le lecteur aura bien compris aussi que "Jürgensen" est un nom de famille. Mais "Schiffsmakler" ? Même si vos années d'Allemand au Lycée sont un peu éloignées, un bon dictionnaire vous donnera la solution : Courtier maritime.

Vous avez maintenant deux directions pour continuer votre recherche. Soit vous tentez d'en savoir plus sur ce métier dont vous ignorez tout, soit vous essayez de retrouver mention d'un courtier au nom de Jürgensen dans la région de Flensburg.

Armé de votre moteur de recherche la seconde voie vous propose assez rapidement- surprise - un peintre.

Détail du tableau "Beim Schiffsmakler"
("Chez le courtier maritime").
Otto Heinrich Engel (1866 - 1949)
Cliquer sur l'image pour voir l'intégralité de l'œuvre

Le courtier Jürgensen était au début du XXème siècle un mécène très impliqué dans la "Künstlerkolonie" d'Ekensund (île dans le fjord de Flensburg), une communauté d'artistes dont Otto Heinrich Engel faisait partie. Les deux hommes étaient liés d'amitié. Ces regroupements d'artistes étaient assez répandus en Europe à la fin du XIXème et, en France, celui de Barbizon reste dans la mémoire de chacun.

Les peintres de la communauté d'artistes d'Ekensund.
Beaucoup de chapeaux et pas de pipes

Le dernier mot de cette incursion d'un siècle en arrière revient à la pipe elle-même. Il s'agit d'une facture à façon pour le courtier puisque les vagues qui décorent sa tête ont été ajoutées pour marquer indubitablement une référence à la mer.

Et vous vous posez sans doute la question de l'origine de cette pipe. La réponse se trouve sur son tuyau d'origine.

France

Un joli périple sur près d'un siècle : St Claude (France)- Flensburg (Allemagne) - Columbus, Ohio (USA)

Mais pour nous le voyage fut tout autre.

 


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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /2010 20:03
  Index des sports

Les jeux olympiques d'hiver viennent de se terminer à Vancouver : Il était temps. Le téléspectateur français mouillait sa culotte de rire tous les soirs ces deux dernières semaines.

N'allez pas croire que cette incontinence passagère était due aux déconvenues de quelque patineur, descendeur ou slalomeur qui se battait comme il le pouvait sous la bannière tricolore. La cause de cette hilarité quotidienne provenait de la horde des commentateurs - aussi appelés "journalistes sportifs" - qui sévissaient cette quinzaine écoulée à cheval sur deux chaînes télévisées du service public.

Avant chaque épreuve, ils nous rabâchaient que les petits français allaient être bardés d'or, cela n'allait faire aucun doute. Nous allions bien sur être les meilleurs et on faisait mousser la chose à renfort de conjectures, d'hypothèses ou d'interview qui montraient bien à quel point nos poulains étaient affutés.

Et voilà que l'épreuve commence. Nos "journalistes" tremblent à la vue des performances canadiennes, spéculent à l'antenne sur un éventuel ratage des suédois, s'esclaffent sur ce russe qui tombe, j'en passe et des meilleures. Quand c'est le tour de l'idole nationale, là, ça vaut vraiment son pesant d'or ! Au départ c'est du "Allez Marie, on est avec toi", "Vas-y Martin, tu peux le faire" sans parler des "ON va y arriver, c'est sur". Et voila qu'il (ou elle) chute, tire à coté de la cible ou manque une porte.

Un cri déchire la nuit.

Puis se succèdent atermoiements, gémissements, lamentations, pleurs, de toute l'équipe des commentateurs. C'est ce moment là qu'il ne faut pas manquer parce que toute la patience dont vous avez fait preuve devant votre écran est alors pleinement récompensée. Quoi de plus comique que cette transition systématique, quotidienne, et pour tout dire, inéluctable, qui fait passer de la ferveur aveugle à la déception la plus noire. Le spectacle n'était plus sur les pistes : grâce à ses clowns, France Télévision nous assurait durant toute la durée de ces jeux des soirées de franche  rigolade.

Pour remercier ces commentateurs, ces anciens sportifs reconvertis en experts, je tenais à leur décerner la Savate d'Or, une des plus hautes distinctions pour incompétence, bide ou fiasco. Cela se fera sous la forme d'une pipe de circonstance : une pipe-ski de l'ancienne marque sanclaudienne PRIOR.


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Dimanche 27 décembre 2009 7 27 /12 /2009 11:14
  Index des sports

Le ski est peu le parent pauvre dans ce chapitre de la pipe "sportive". Tu comprendras, cher lecteur, qu'il aurait été impardonnable de laisser passer cette occasion d'étoffer ces colonnes avec ce spécimen rare et de saison, même si la facture de l'objet laisse quelque peu à désirer.

L'insolite réside ici dans une mise en scène de l'intégralité d'un ski alors que généralement ces pipes-ski ne montrent que timidement le bout recourbé de la latte.

Encore une prouesse qui nous vient de la capitale française de la pipe !

Aucun doute n'est permis sur l'origine de cette pipe : la prestigieuse estampille Bruyère garantie a fait -avec sa copine Bruyère véritable - les choux gras des firmes à St Claude. Ces deux marquages sont synonymes d'une production minutieusement taylorisée qui a permis durant plusieurs décennies de fournir des pipes à la tonne. Un peu comme des savonettes...

Tu noteras au passage que ce qui est "garanti" ici ne vaut que pour ce sur quoi c'est écrit : le foyer. Une peinture sommaire de la tige de cette pipe camoufle un bois d'oeuvre choisi pour sa facilité à être travaillé, sans doute du hêtre ou de l'érable, au mieux du noyer.

La qualité de la bruyère ne préoccupait pas un seul instant notre fabricant comme on le voit dans l'illustration ci-dessous.

On n'allait tout de même pas jeter toutes ces têtes déjà travaillées alors qu'il suffisait de placer une brave ouvrière dans la chaine de production pour mastiquer les trous du Gruyère (euh...de la Bruyère).

Nomenclature   Dimensions   Valeur
         
Bruyere Garantie   Long : 14,0 cm

  29,10 €
(Estate)


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